Pas d’agio, virée illico!

10 07 2007

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Pas assez rentable!

C’est ainsi que Marie-France, jeune mère sans souci, apprend un beau jour, via une lettre recommandée, que son compte courant va être clôturé sous trente jours.

Panique! Incompréhension! Colère!

La jeune femme s’interroge: “Qu’ai-je pu faire? Quelle erreur s’est immiscée dans mes comptes?” Toutes ces interrogations demeurent aujourd’hui encore sans réponse. “Je ne comprenais pas pourquoi il fermait mon compte, je n’avais pas de découvert, mon compte était régulièrement approvisionné. Je croyais à une blague, je croyais rêver.” Un vrai cauchemar! Grâce à son entêtement, la jeune femme réussi à joindre son conseiller qui, non sans gêne, refuse de lui révéler la clé du mystère. “Il savait mais ne pouvait pas me dire, selon lui”.

Sur ce, ne restait à Marie-France qu’à accepter sagement son sort et d’effectuer les démarches nécessaires auprès d’une nouvelle banque afin d’ouvrir un nouveau compte. Mais de retour chez elle, après avoir été chercher sa fille à la crèche, elle cherche sur Internet l’aide de spécialistes. Dénichant rapidement son bonheur, elle appelle directement l’ACABE, “Association contre les abus des banques européennes”.

Et ô stupeur! Les banques ont le droit de remercier sans raison certains de leurs clients… évidemment les moins rentables! De rares découverts, peu d’agios, pas de crédit, des revenus sans prétention… Marie-France est une cliente trop ennuyeuse pour la BNP (je n’avais pas encore dénoncé les méchants). Une découverte effarante, une blague pas marrante! Marie-France n’en revient toujours pas… Peut-être devrait-elle penser à un découvert?





“Nom de Zeus”

9 07 2007

zeus.jpgLe Laurette Théâtre
36 rue Bichat, 75010 PARIS

Du 1er juillet au 26 juillet 2007, du dimanche au jeudi.
Avec Pierre CABANIS, Constance CARRELET, Florence FAKHIMI, Nicolas
LUMBRERAS, Benoît MORET, Fabrice PANNETIER et Valentine REVEL-MOUROZ

Mise en scène: Audrey BERTHEAS
Musique: Nicolas LUMBRERAS, Voix off: Roger CAREL.
TP : 12 Euros/ TR : 8 Euros

http://www.laurette-theatre.fr/fr/page2.xml#zeus





La vie trépidante d’une méconnue de l’Histoire

4 07 2007

Duchesse de BerryDuchesse de BerryDuchesse de BerryDuchesse de Berry

Entre “palaces” et thalassothérapies, elle court les boutiques parisiennes à l’affût des nouvelles tendances. Celle qui ose les modes les plus scandaleuses, visite aussi les enfants pauvres et soutient les artistes. Mais qui est cette mystérieuse? Une actrice hollywoodienne? Une riche héritière modeuse?

C’est de la duchesse de Berry dont il est question. Une exposition organisée par le Conseil général des Hauts-de-Seine, lui est consacrée jusqu’au 23 juillet 2007 au Parc de Sceaux.
Dans les écuries du château, 270 oeuvres, dont la moitié est inédite, racontent la vie de cette jeune femme frêle, fine et élégante, qui est née à Palerme en Italie en 1798. De son nom complet, Marie-Caroline Ferdinande Louise de Bourbon grandit à Naples. Elle arrive en France en 1816 pour épouser Charles Ferdinand d’Artois, duc de Berry, second fils du comte d’Artois, lui-même futur Charles X et frère du roi Louis XVIII.
Leur union est unique. Un mariage arrangé devenu mariage d’amour, des jeunes mariés qui fuient le faste de la Cour du roi pour se réfugier dans leur paisible domaine de Rosny, à cinq heures de berline de Paris, c’est-à-dire 50 kilomètres.
Leur bonté détonne. Assassiné à la sortie de l’opéra par un ancien ouvrier sellier, sur son lit d’agonie, le duc n’aura de cesse de réclamer au roi la grâce de son meurtrier. Une démarche peu banale! La veuve ira jusqu’à adopter les deux filles qu’il avoue avoir eu hors mariage.

Une femme libre

Présentée sous forme de tableaux, l’exposition s’organise par thème et tente de faire revivre les lieux où a vécu la duchesse. Ses nombreux portraits ponctuent la visite. A la lecture de ces peintures, l’histoire de cette femme libre, au comportement anticonformiste se dévoile. En tenue de deuil blanc, celui des reines de France, puis en tenue d’apparat, un boa de fourrure lui tombant sur les épaules, le choix de ses tenues surprend, elle les déniche elle-même dans les boutiques parisiennes. Le lèche-vitrine, elle connait! Elle lance les tendances et scandalise la cour avec des robes “courtes”, c’est–à-dire au dessus des chevilles. Une peinture le prouve, affichant ses chaussures de satin et cuir, comme celles des ballerines. Ayant donné naissance au fils héritier du trône de France, peu après la mort de son mari, elle se permet toutes les fantaisies. Dès les beaux jours, elle fuit au château de Rosny et ne rentre à Paris que le dimanche pour la messe de la Cour. Au programme des festivités, balades à cheval, parties de billards, musique. Chaque 13 juillet, jour de la Saint Henri, une grande fête est organisée. Les comédiens se succèdent sur une estrade. Des fusées de Bengale sont tirées des berges de la Seine. L’ambiance est populaire. Passionnée de gothique, elle organisera un grand bal déguisé, le fameux “quadrille de Marie Stuart”, en honneur à son héroïne préférée. Certaines parures de bijoux inspirées de cette mode “gothic revival” sont présentées à l’exposition. Une reconstitution de sa bibliothèque de Rosny, une des plus réputées de l’époque, permet de s’imaginer l’atmosphère qui règnait en ces lieux. Au total, huit mille volumes de botanique, de grammaire italienne, de littérature,mais surtout d’histoire, frappés des armes ou du chiffre de la duchesse de Berry. Les reliures sont somptueuses, autant que la qualité des éditions.

Une charité inépuisable

Sensibilisée à la peinture par son mari, sa collection de peintures s’étend des natures mortes aux paysages italiens, en passant par Marie Stuart, évidemment. Elle offre un soutien constant aux jeunes artistes mais également à tous ceux qui sollicitaient son aide.
En quittant l’exposition, c’est un monde que l’on quitte. Les jardins du Parc de Sceaux concluent son histoire. Ils offrent un aperçu des bosquets d’inspiration anglaise qu’elle avait créé à Rosny. Des fraisiers aux fruits blancs, des dahlias pompons, des pervenches de Madagascar, la duchesse de Berry s’inspirait de tout. Elle avait même fait venir des chèvres de Chine et des kangourous, qu’elle laissait vivre en liberté. Le mauvais temps n’enlève rien au charme de cette promenade aux odeurs enivrantes, loin des pots d’échappement parisiens. Le calme d’un parc, des joggeurs en shorts, et la satisfaction de découvrir cette femme méconnue au parcours pourtant si moderne. Une femme qui a pu se permettre les plus grandes libertés. Reste le sentiment d’une femme heureuse qui vivait sa vie au grand galop.

“Entre cour et jardin, Marie-Caroline, duchesse de Berry”
Exposition proposée tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 18h
Entrée libre
Musée de l’île-de-France, château de Sceaux, 92330 Sceaux.
Tel: 01.41.87.29.50





Sois belle et tais toi!

4 07 2007

Étudiantes ou en transition avec un “vrai” métier, les hôtesses de vos cocktails professionnels ou soirées mondaines, ne sont pas toutes de jolies écervelées. Vous en doutiez?


“Une heure de make-up pour quatre heures d’indifférence”, voici ce qu’être hôtesse selon Sophie, étudiante en Licence d’AES Gestion d’entreprise à l’université Panthéon – Assas à Paris. Sophie fait parti de la catégorie d’hôtesses qui gardent un certain recul et qui ne se prennent pas au sérieux. “Il y a tellement de nanas qui se sentent devenues mannequins!”, ironise-t-elle, “elles côtoient des stars mais ne se rendent pas compte qu’elles ne sont pas considérées”. Pour celles-là, la douche froide arrive en fin de mois avec la fiche de paie : quatre-vingt-dix euros bruts pour une journée de huit heures, soit un salaire qui oscille entre huit et dix euros de l’heure. Pas de quoi fouetter un chat!

Quels sont les critères de recrutements des agences?

Il n’est pas nécessaire de mesurer un mètre quatre-vingt pour cinquante kilos. Une bonne présentation est nécessaire mais cela peut se traduire par une coiffure et une apparence soignée. Beaucoup d’hôtesses, tout comme les mannequins lors des défilés, arrivent sur le site de l’évènement, pas maquillées, en jean-converses… C’est seulement, une fois sur place, qu’elles se peignent et se refont une beauté à grand coup de blush et d’anti-cernes!

Cyrielle, hôtesse de l’agence Charlestown, a participé au salon de l’automobile et rappelle avec humour que si “belles voitures et jolies filles font bon ménage, c’est avant tout le sens de la relation client qui importe et fait réellement la différence”. Outre un physique harmonieux, une bonne éducation est un atout majeur qui n’est pas donné à tout le monde à l’évidence. Emilie, chef-hôtesse pour plusieurs agences parisiennes, se souvient de Bijou “qui faisait du gringue aux clients d’une convention produit. C’est inacceptable”. La politesse et le savoir-vivre sont des valeurs prisées par les bookeuses. Laurence, ex-hôtesse de l’air, reconvertie en bookeuse à l’agence City One, le confirme. “Je ne cherche pas des top models mais plutôt des filles saines, souriantes et motivées… Bien dans leurs baskets!” D’autant plus qu’il n’est pas facile de rester huit heures debout, fraîche, un sourire Colgate collé aux lèvres, à accueillir un client excédé par le monde que ce genre de manifestations engrange! Sourire est un exercice beaucoup plus difficile qu’on veut bien le croire. “Parfois je suis là, seule, debout, presque prête à oublier que je suis quelqu’un, une jeune femme qui existe…”, confie Antoinette, comédienne, qui se définit volontiers comme une potiche aux dents blanches.

L’image du pot de fleur est tenace et n’embrase pas de vocation. Ramata travaille pour l’agence Hôtesse et grooms de Paris. Elle vient de finir ses études de communication, ainsi qu’un stage de six mois dans les studios de la chaîne câblée MTV. “Quand je rencontre une hôtesse, la première chose que je lui demande c’est : qu’est-ce que tu fais dans la vie ?” Tant l’idée qu’on puisse en faire son métier la dépasse…

“Environ 70 % des hôtes et hôtesses sont étudiants”, estime Laure Mauchrétien, présidente du Syndicat national des prestataires de services d’accueil d’animation et de promotion (SNPA). Les contrats sont essentiellement des CDD, souvent de courte durée, ce qui a l’avantage de laisser une certaine souplesse de planning non négligeable, surtout en période d’examen. Même si, en vrai, les filles passent le plus clair de leur temps à courir d’une “opé” à une autre. Un véritable marathon, quand on sait que bien souvent les filles sont obligées de s’inscrire dans plusieurs agences pour s’en sortir. Les règles d’or d’une hôtesse sont : ne jamais se relâcher, ne pas arriver en retard et surtout ne pas accepter de mission qu’elle n’est pas sûre d’assurer, car un “plantage” est toujours très mal vu! Le rythme de vie de ces plantes vertes est plutôt musclé. Pas le temps de souffler! La cadence est allegretto presto! Elles gèrent un authentique emploi du temps de ministre. Rater un appel équivaut à rater une opportunité de travailler. Elles jonglent quotidiennement avec les différentes agences, sont présentes lors des briefings, courent après leur contrat, récupèrent leur tenue, sans oublier d’aller en cours car le job prend vite le pas sur les études. Enfin, elles se ruent au grand galop au stade de France se préparer pour le match du soir. Le rendez-vous est donné à seize heures tapantes, sous peine de remontrance, voire de vengeance.

Là, le ballet commence.

En moyenne par agence, une centaine d’hôtesses qui s’affairent dans un vestiaire sous les cris des chef-hôtesses et responsables d’agence sous pression. La concurrence est rude entre les agences. Cent chignons banane à confectionner dans la précipitation. Le chrono est lancé, les tenues distribuées, les bijoux ôtés, les consignes rabâchées! Soudain, le top est donné! Les chef-hôtesses regagnent leur affectation au pas de course. Suivent leurs troupeaux d’hôtesses. Les consignes sont rappelées, les postes distribués. Les jeunes filles se positionnent : une jambe en avant, mains dans le dos, épaules en arrière, le menton relevé, les lèvres re-glossées et le sourire affiché.

“Bonjour monsieur, bonjour madame”, “bienvenue au stade de France”… Le langage codifié du début change en fin de soirée face à certains énergumènes alcoolisés au comportement outrancier. Comme le décrit avec dérision Tania de Montaigne, dans Patch, son premier roman : l’hôtesse? “C’est la dame super sympa qui t’apporte une boisson, qui t’indique les toilettes (…), qui accepte avec joie que tu la prennes pour une grosse pute et que tu parles allègrement à ses fesses pendant qu’elle t’explique où tu dois t’asseoir”.





“Dalida, une vie…”, un destin…

4 07 2007

Dalida

Focus sur un des destins les plus marquants du show-biz. Ambiance paillettes, musiques “disco”, amours déçues, fin tragique. Vingt ans après sa mort, le mai 1987, la Ville de Paris lui rend hommage le temps d’une exposition.


Photos très personnelles de son enfance, télégramme signé “Johnny et Sylvie”, bijoux, vynils, maquillage, livres de psychologie, permis de conduire, coupures de presse, chaussures… et plus encore, présentés pêle-mêle comme une introduction fouillie à son incroyable vie. Certains objets sont inédits, tel son disque de diamant. Un hommage à ses 25 ans de succès décerné en 1981 et pour la première fois dans l’histoire du music-hall. C’est en effet pour elle, qu’est créé, en 1956, le premier disque d’or de la variété française. Elle en recevra plus de 70, vendra plus de 120 millions de disques dans le monde, enregistrera 2000 chansons en français, italien, espagnol, allemand, anglais, japonais, hébreu, égyptien, flamand et libanais.
Parce que née au Caire en 1933, on la croit égyptienne. Mais Iolanda Gigliotti était de nationalité italienne. Des yeux bruns ourlés de khôl, une silhouette parfaite et des cheveux longs qui, en 1964, quittent le noir de ses vingt ans pour le blond plus doux de la maturité. Dès lors, Iolanda devient Dalida. Sa grâce et son élégance naturelles impressionnent. Balmain, Yves Saint-Laurent, Paco Rabanne, et plus tard Azzaro, l’ont habillée. Des robes somptueuses en taffetas et mousseline de soie et de longues robes pailletés offertes au regard d’un public subjugué. Pierre, 71 ans, est un fan de la première heure. Il se souvient de son idole: “Je l’imagine dans ces tenues magnifiques, une main sur la hanche, et relevant ses cheveux… Elle avait une grâce inégalable”. L’originalité de cette exposition tient dans trois cabines strassées d’or… A l’intérieur, les visiteurs s’improvisent chanteurs et ressortent enchantés de cette parenthèse karaoké. Et jusqu’au soir, cet air qui leur trotte dans la tête… “Caramels, bonbons et chocolats…”

Hôtel de Ville – Salle St Jean
Du 11 mai au 8 septembre.
Entrée libre et gratuite tous les jours sauf dimanche et fêtes : 10h-19h (fermeture des portes à 18h15)





Viens chez moi! J’habite au troisième âge!

4 07 2007

Durant l’été 2003, nos seniors ont eu chaud! La canicule est à l’origine de l’idée de colocation intergénérationnelle. A Paris, le phénomène prend de l’ampleur. Un bel exemple de solidarité.


“Ma colocataire a 78 ans!” lance Carole, affichant un sourire plein de malice. Elle est étudiante à Paris, et pour se loger, elle a choisi la colocation intergénérationnelle.

Avec l’augmentation régulière du prix des loyers, trouver un logement décent dans la capitale, à moins de 500€ par mois est devenu mission impossible. S’il est vrai que pour la majorité des colocataires, partager un appartement est d’abord une solution économique, la crise du logement n’explique pas, à elle seule, le succès de cette nouvelle forme de cohabitation. De nombreuses personnes se retrouvent seules après la mort de leur conjoint. Souvent, les enfants vivent loin. Les journées sont longues et silencieuses. Alors, pour palier l’ennui et la solitude, de plus en plus de seniors tentent la colocation solidaire. Carole partage donc l’appartement de Jacqueline qui s’est retrouvée seule, il y a bientôt cinq ans, après la mort de son mari. Une colocation originale, qui fonctionne à merveille. “J’ai de nouveau quelqu’un qui m’attend quand je rentre chez moi”, confie joyeusement Jacqueline.

Il y a deux ans, elle se lance dans l’aventure, en adhérant à l’association Le PariSolidaire. L’association, créée en avril 2004, adapte en France un concept qui a déjà conquis l’Espagne. L’idée est simple. Il fallait pourtant y penser: le senior héberge le junior contre un peu de compagnie et quelques tâches ménagères, ou contre un “petit” loyer. En France, les personnes âgées restent méfiantes, et exigeantes sur les critères des jeunes qu’elles vont accueillir. Non fumeur n’étant pas le plus litigieux! Dans le cas de Jacqueline, ce sont ses enfants qui étaient réticents: “Ils craignaient pour ma quiétude et mon indépendance mais je leur ai dit “c’est ma vie”! Au contraire, la jeune colocataire peut être vue par les enfants comme une alternative aux accidents de la vie. Mais pas seulement! Les deux femmes partagent bien plus que la cuisine et la salle de bain. “C’est un échange culturel et amical. On se parle de nos vies. Elle a forcément un avis différent des gens de mon âge et c’est ce qui me plaît”, raconte la jeune femme. De cette rencontre pratique est née une amitié authentique. Les deux complices se font des “soirées resto” et vont ensemble au cinéma. Elles projettent même d’aller visiter le château de Versailles. “Humainement, il se passe beaucoup de choses entre les deux individus”, explique Madame Châtain, responsable de l’association Le PariSolidaire. Retisser le lien social, partager le goût de la solidarité, retrouver une seconde jeunesse, les aspirations des colocataires sont diverses. En France, le phénomène en est encore à ses prémices, mais il semble promis à un bel avenir !

Le PariSolidaire – www.leparisolidaire.com
15 rue de Senlis, 75017 Paris.
01.42.27.06.20





“Les religions meurtrières”

4 07 2007

les religions meurtrières

“Les religions meurtrières”, Elie Barnavi, collection Café Voltaire, Flammarion, novembre 2006, 140 pages.

“Quelle est la différence entre Abdallah d’Arabie Saoudite et son sujet rebelle Oussama Ben Laden?” La question est ainsi posée. L’auteur, Elie Barnavi, s’interroge. Est-ce le fondamentalisme? faux, “ils le sont tous autant”, dit-il. Est-ce l’intégrisme? faux également. “Le régime n’est pas plus évolutif dans son interprétation de la tradition religieuse que les hommes d’al-Quaïda”.
Aujourd’hui, exceptions faites de l’Irlande du Nord et du Sri Lanka, tous les conflits où la religion joue un rôle dans le monde, impliquent des musulmans. C’est ce que nous apprend l’auteur et c’est pour cette raison, ainsi que par méconnaissance, que l’islam fait si peur. Ce n’est pas un ouvrage d’histoire des religions que nous livre l’auteur, mais plutôt un essai, ou un pamphlet politique. Neuf thèses pour y voir plus clair et comprendre “comment la foi peut faire de certains des assassins”.

Elie Barnavi est professeur d’histoire de l’Occident moderne à l’université de Tel-Aviv et a été ambassadeur d’Israël en France de 2000 à 2002. Il s’adresse directement à ses lecteurs dans un langage sans fioriture ni terme technique. Il expose des faits, développe des théories et les argumente à l’aide d’exemples concrets très parlant.

Premières thèses, retenir que “le fondamentalisme est une lecture particulière de la religion”, et plus précisément “le fondamentalisme révolutionnaire est une lecture totalitaire de la religion”. Ces fondamentalistes cherchent, par tous les moyens, à imposer leurs convictions, au mépris de la vie de ceux qui ne les partagent pas. Ils sont, ou ont été présents, dans les trois grandes religions monothéistes (ce qui constitue les thèses 6, 7 et 8).

Le fondamentalisme révolutionnaire juif est une réalité contemporaine. Il a existé lorsque l’Etat d’Israël a existé et est à l’origine de l’assassinat d’Yitzhak Rabin.

Le fondamentalisme révolutionnaire chrétien, quant à lui, n’a plus fait parlé de lui depuis l’époque d’Henri de Navarre et de la question de la loi salique sur la succession des rois de France.

Ce n’est que dans la huitième thèse qu’Elie Barnavi aborde l’islamisme, “la forme la plus nocive du fondamentalisme révolutionnaire”. Il en expose les origines : le mouvement des Frères musulmans créé en 1928, qui s’est incroyablement développé depuis. Cette explosion de l’islamisme s’est faite, notamment grâce à, ou plutôt à cause de l’oeuvre de Sayyid Qotb, The American I saw. Spécialiste de littérature américaine, il décrit les États-Unis comme une nation “décadente et corrompue”.

Mais c’est surtout depuis les années soixante-dix que le pouvoir musulman se voit forcé de composer avec les fanatiques, les fous de Dieu comme on les appelle. La génération al-Quaïda, née avec les attentats du 11 septembre, ambitionne un califat mondial; et pour ce faire, il “fédère dans une structure lâche, des groupuscules qui se réclament d’elle, mais qui agissent de manière parfaitement autonome”. Parmi les effets pervers de la mondialisation, on peut citer les moyens de communication énormes mis au service d’une idéologie “brute et primitive”. Quoi de mieux pour provoquer des attentats aux quatre coins du monde?

Et pour ceux qui n’ont pas encore compris la réalité du danger, l’auteur nous livre quelques données chiffrées qui provoquent la chair de poule. Ainsi, selon les services secrets de Sa Majesté, quelques 3000 britanniques, nés et éduqués en Angleterre, sont un jour passés par les camps d’entraînement d’al-Quaïda.

Reste la dernière thèse, qui tente d’apporter des réponses aux problèmes d’intégration et au phénomène de ghettoïsation en Europe. Ces ghettos sont, selon l’auteur, le résultat de politiques d’intégration erronées, qu’il s’agisse du modèle républicain français ou du modèle communautaire britannique. Quelles sont donc les solutions qui existent pour éviter “un affrontement entre fascistes islamistes et fascistes tout court”?

“En guise de conclusion”, Elie Barnavi propose “sa” solution: ressusciter la religion civile, mélange des Droits de l’homme, de l’histoire, de la nation souveraine, de la Constitution et de la république. Et surtout, empêcher le “dialogue des civilisations”, stérile car, il l’explique, les Écritures sont de véritables “auberges espagnoles”, particulièrement le Coran, qui dit ce qu’on veut bien lui faire dire. Et de conclure par “Adieu”.





Nicolas Sarkozy est Président

4 07 2007

Sarkozy Bravo les bleus! Dans le match final de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy s’est imposé sans surprise avec 52,7% des voix. Première candidature : à 52 ans, le nouveau président, avocat de formation, descendant de habereaux hongrois et de juifs de Salonique, savoure sa victoire, l’ambition de toute sa vie enfin couronnée.

Rue de la Boétie à Paris, le camp gagnant est réuni. “Nicolas! Nicolas!” La salle Gaveau scande son prénom, alors qu’il gagne la tribune pour exprimer ses remerciements à sa famille, à ses amis et à ses supporters. Sa première pensée, il le dit, est destinée à Ségolène Royal. “Je veux lui dire que j’ai du respect pour elle et pour ses idées. Un président de la République doit aimer tous les Français, quelle que soit leur opinion. Ma pensée va donc à tous les Français qui n’ont pas voté pour moi.” Nicolas Sarkozy a aussi rappelé ses engagements autour des valeurs qui sont les siennes : le travail, l’autorité, la morale, le respect et le mérite.

Fair-play, dans son discours, la candidate déçue, “souhaite au nouveau président d’accomplir sa mission”. Elle déclare avoir engagé “un renouvellement profond de la gauche et de la pratique de la politique” et, se tournant vers demain, évoque à plusieurs reprises des “victoires futures”. Rassemblés rue de Solférino, les électeurs de la candidate socialiste lui crient “merci”. Certains ont les larmes aux yeux. La défaite a un goût amer.





Vivement dimanche! (20/04/2007)

4 07 2007

Douze candidats, quatre favoris, deux jours pour se décider… Puisque la tendance est, parait-il, à l’incertitude générale, les pronostics vont bon train!

La campagne se termine ce soir à minuit. Et selon un sondage paru ce matin dans La Figaro, elle aurait donné envie de voter à 60% des français. Bilan, ils ont envie de voter, mais ne savent pas pour qui, et en même temps semblent d’ores et déjà persuadés que leur nouveau président sera Nicolas Sarkozy. Malgré les nombreux quiz qui pullulent sur Internet, mais aussi dans nos magazines,le doute les assaille. France Soir et Le Monde 2 proposent à leur lecteurs une cinquantaine de question afin de déterminer le candidat de leurs idées.

Quels seront les deux visages du second tour? Le très redouté Jean-Marie Le Pen renouvellera-t-il son score record de 2002? François Bayrou, quant à lui, survivra-t-il au premier round? Tant de questions et une vague conviction qui persiste… Sarkozy passera par dessus tout ça et s’imposera quoiqu’il arrive.

La campagne se termine. Déjà? Enfin? 59% des français la juge de mauvaise qualité, toujours d’après ce sondage du Figaro. Cette campagne aura tout de même été, de l’avis de tous, inédite et différente des précédentes. Notre curiosité n’aura jamais été aussi aiguisée. Les candidats ont plusieurs fois brouillé les pistes. Ségolène Royal a débattu de la sécurité des français et de l’identité nationale. Nicolas Sarkozy a évoqué Jaurès et Blum dans ses discours, qui séduisent cependant les électeurs d’extrême droite. Selon un sondage d’IPSOS, 80% de l’électorat du Front National a une bonne opinion du candidat de l’UMP. Les français en perdent leur latin, s’emmêlent les pinceaux… Impossible de prévoir l’issue de cette aventure. Le suspens reste intact et nous tiendra en haleine devant notre téléviseur dimanche soir. Et ce n’est que le début…





Débat entre deux tours

4 07 2007

Une ambiance de coupe du monde de football hier soir dans les foyers français. Un débat qui n’a pas eu lieu depuis 12 ans. Deux candidats très différents, deux conceptions du pouvoir opposées, deux projets qui s’affrontent. Le match s’annonçait très serré. Après avoir répondu à Patrick Poivre d’Arvor, co-présentateur avec Arlette Chabot, être “très heureuse d’être ici”, Ségolène Royal choisit l’offensive et fait le bilan chiffré du gouvernement sortant.

“Plus de 20 000 euros par Français” de dette publique, “deux millions et demi de travailleurs pauvres en France”, “deux millions et demi de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, parmi eux deux millions d’enfants”, “le niveau moyen des retraites des femmes est de 850 euros pour une carrière complète et de 622 euros pour une carrière incomplète”, un “déficit de la Sécurité sociale qui s’élève à 11 milliards d’euros”, un “chômage qui touche près de trois millions de personnes”, les “agressions ont augmenté depuis 2002 de plus 30% de violences physiques gratuites contre les personnes”. La candidate socialiste a alors demandé à Nicolas Sarkozy de rendre des comptes sur ce triste bilan. Un coup de bâton de Ségolène Royal transformé en perche saisie par le candidat UMP, qui reconnait sa part de responsabilité dans ce bilan mais dit surtout avoir récupéré en 2002 une France en grande difficulté. Pour preuve, il rappelle qu’à l’époque les Français n’avaient pas cru que Lionel Jospin pouvait résoudre leurs problèmes et l’avaient écarté du second tour des présidentielles.

Sur les 35 heures, la candidate du PS préconise “la négociation entre partenaires sociaux branche par branche”. Elle promet qu’il n’y aurait pas à l’avenir, si elle est élue, de généralisation de la réduction du temps de travail “si les partenaires sociaux ne se mettent pas d’accord”. Nicolas Sarkozy explique ensuite qu’il souhaite “donner la liberté de choisir aux salariés” mais “on garde les 35 heures pour une durée hebdomadaire du travail”. “Pourquoi n’avez-vous pas supprimé les 35 heures?”, demande alors Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. “Parce que vous savez que c’est un progrès social important”, a-t-elle conclu.

D’autres thèmes ont été discutés. Parmi les actions annoncées, Nicolas Sarkozy souhaite garantir les lois Fillon. Ce sujet sensible des retraites crée une tension entre les deux candidats, Ségolène Royal, déclarant vouloir “mettre à plat” les lois Fillon et prendre en compte la pénibilité du travail. Nicolas Sarkozy en profite pour pointer du doigt les nombreuses “discussions” et “renégociations” que propose sa concurrente pour chaque sujet abordé, sans apporter de solutions précises.

Concernant le logement, le candidat de l’UMP souhaite “faire de la France un pays de propriétaires” et au niveau de la santé, il lui tient à coeur d’engager “un plan contre l’Alzeimer pour en trouver l’origine, comme on a fait un plan cancer”.
Peu de mesquineries, juste quelques petites phrases assassines. Nicolas Sarkozy commence alors qu’ils débattent du travail: “Soyez plus clair, on n’y comprend rien”. Plus tard, Ségolène Royal corrige, telle une maîtresse d’école, le candidat UMP sur le nucléaire: “vous venez d’énoncer une série d’erreurs, il faudra que vous révisiez un peu votre sujet”. Sur le thème de l’éducation, Nicolas Sarkozy n’apprécie guère le rictus de son adversaire: “Vous n’avez pas besoin d’être méprisante pour être brillante”. L’éducation est cher à la candidate socialiste. Elle s’emporte donc sur ce sujet. A cet instant, Nicolas Sarkozy jubile. Lui-même, réputé nerveux et agressif, dont on attendait qu’il sorte de ses gonds, se retrouve, par l’ironie du sort, à calmer Ségolène Royal, incontestablement en colère. Il devient dès lors très serein et n’hésite pas à rappeler de temps en temps que “Madame Royal” ne se maîtrise pas.

Bien qu’admettant l’un comme l’autre, leurs points de convergence, il demeure la plupart du temps en désaccord sur nombre de sujets, dont l’Europe. A ce propos, Ségolène Royal explique: “Je veux à nouveau consulter les Français par référendum, pour relancer l’Europe de l’investissement, de la recherche”. Quant à Nicolas Sarkozy, il se montre définitif. “Les Français ont voté non à la Constitution, nous n’y reviendrons pas”, a-t-il précisé. “Si je suis Président de la République, je m’opposerai à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne”.

Enfin, quand le candidat de l’UMP dit respecter le talent et “le parcours qu’a été celui de Madame Royal”, celle-ci préfère s’abstenir de “sentiments personnalisés”. Selon leurs conclusions respectives, il s’agit désormais pour les Français de choisir entre l’action, “je veux passionnément agir” déclare Nicolas Sarkozy, et “l’audace” incarnée par Ségolène Royal, qui se présente en tant que femme et “mère de famille de quatre enfants”.

Deux heures quarante de sourires affichés, de courtoisie forcée, de pugnacité ou de “zenitude”. Au final, pas de perdants, mais à la place, deux gagnants. La gauche se réjouira de l’attitude combative de leur candidate et la droite sera rassurée, Nicolas Sarkozy a fait preuve de sang froid, certains suspicieux diront même qu’il a été un peu trop calme.